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Une nouvelle mesure de répression illustre la campagne visant à enrayer le développement des bahá'ís iraniens

30 January 2012 - 2:24pm

NEW YORK, publié le 30 janvier 2012 - La stratégie systématique du gouvernement iranien pour conduire les bahá'ís à la ruine économique ne montre aucun signe de ralentissement.

Selon des rapports reçus par la Communauté internationale bahá'íe , une nouvelle campagne a commencé à Kerman, la principale ville du sud-est de l'Iran.

« Nous avons appris que le l'Office de contrôle des lieux publics refuse le renouvellement des licences aux entreprises appartenant à des bahá'ís de la ville, révoquant même certaines déjà existantes », a déclaré Bani Dugal, la représentante principale de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations unies.

« Des professions très diverses sont ciblées, depuis les boutiques de vente et de réparation d'ordinateurs jusqu'aux agents immobiliers. Les bahá'ís impliqués dans la vente d'alliages de fer, d'acier ou d'or perdent leurs licences, de même que les commerces appartenant aux bahá'ís liés aux produits alimentaires, à la santé, aux produits cosmétiques et aux services qui y sont associés, comme les opticiens », a-t-elle ajouté.

On a signalé, dans la ville de Kerman, une récente vague de répressions visant des entreprises appartenant à des bahá'ís. Ces actions font partie d'une politique, approuvée par le chef suprême de l'Iran, qui vise explicitement à « enrayer » le « développement de la communauté bahá'íe iranienne ».

Les bahá'ís à Kerman ont également été informés qu'ils ne sont pas autorisés à posséder un nombre important de magasins dans la même rue.

« Les autorités sont même allées jusqu'à révoquer les licences d'associés de bahá'ís, qui ne sont pas eux-mêmes membres de la foi bahá'íe », a précisé Mme Dugal.

Depuis la révolution islamique de 1979, plusieurs milliers de bahá'ís ont perdu leurs emplois ou leurs moyens d'existence. En 1993, l'ONU a divulgué un mémorandum du gouvernement iranien, approuvé par le chef suprême du pays, qui définit explicitement une stratégie pour « enrayer » le « développement de la communauté bahá'íe iranienne ».

« En plus d'empêcher les jeunes bahá'ís d'accéder à l'enseignement supérieur, a ajouté Mme Dugal, il est clair que les autorités continuent de mettre à exécution cette politique avec toute une série d'autres actions. »

« Nous avons reçu les récits d'au moins 60 incidents, au cours des cinq dernières années, visant à freiner les perspectives économiques des bahá'ís », a-t-elle signalé.

Parmi quelques exemples récents :

  • Du 2 au 12 janvier 2012, plus de 70 % des entreprises appartenant à des bahá'ís à Sari et à Ghaemshahr (province de Mazandaran), et un certain nombre à Gorgan et à Gonbad (province de Golestan), ont été fouillées afin de trouver un quelconque prétexte pour menacer ou arrêter les bahá'ís. Les autorités ont même fouillé les maisons des bahá'ís qui travaillent chez eux, dans certains cas après avoir fermé leurs magasins depuis plus de deux ans.
  • En juillet 2011, le propriétaire bahá'í d'une boutique à Abadan a reçu un avis du syndicat des détaillants et fabricants de bijoux, de montres et de lunettes, lui demandant de rendre sa licence professionnelle et de liquider ses actifs sous 24 heures.
  • En juin 2011, un magasin d'optique a été fermé sous le prétexte de transférer la licence dans un nouvel emplacement. Le chef de l'Office de contrôle des lieux publics a indiqué que l'ordre de fermer la boutique avait été émis par les autorités supérieures. Le magasin avait déjà été fermé par les autorités en décembre 2008, ainsi que quatre autres magasins détenus par des bahá'ís à Nazarabad. Mais après une bataille juridique, le propriétaire avait réussi à rouvrir son magasin dans un nouvel emplacement, pour qu'il soit, en fin de compte, fermé à nouveau.
  • Fin 2010, à Rafsanjan en Iran, après une vague d'incendies criminels visant une douzaine d'entreprises appartenant à des bahá'ís, une vingtaine de particuliers et d'entreprises ont reçu une lettre d'avertissement exigeant des bahá'ís qu'ils signent un engagement de « s'abstenir de nouer des contacts ou des amitiés avec des musulmans » et d'« employer ou d'embaucher des stagiaires musulmans ».
  • Début 2009, dans la ville de Semnan, l'association des syndicats a voté un arrêté stipulant qu'aucun bahá'í ne devrait recevoir de licence commerciale. Suite à quoi, peu après, un certain nombre d'entreprises et de commerces appartenant aux bahá'ís de la ville ont été mis sous scellés ou fermés.
  • Dans un exemple d'une autre sorte de pression économique, peu avant d'être renvoyé de son travail, un bahá'í d'Ispahan a demandé à l'organisme de sécurité sociale que lui soit versée la somme qui avait été prélevée de son salaire pour sa retraite. On lui a notifié que sa demande n'avait pas été prise en considération car elle était « non-recevable », étant donné que la raison de la perte de son emploi était son appartenance à « la secte déviante Bahaiste ». La notification précisait que lui et 14 autres personnes avaient été licenciés en raison du caractère illégal de leur embauche à l'origine, et que leurs revendications n'avaient, par conséquent, aucune valeur.

« Le droit international est très clair sur le droit des individus à être libres de travailler et de gagner leur vie, sans discrimination », a indiqué Mme Dugal.

« Le mois dernier, la communauté internationale a voté de manière écrasante à l'ONU pour condamner l'Iran pour ses violations persistantes et récurrentes des droits de l'homme. Assurément, il est temps que l'Iran se rende compte qu'il ne peut pas se permettre plus longtemps d'opprimer ses citoyens en pensant que personne ne s'en apercevra. »

Des personnalités roumaines réclament le respect des droits de l'homme pour les bahá'ís d'Iran

29 January 2012 - 10:49am

BUCAREST, Roumanie, publié le 29 janvier 2012 - Près de 70 Roumains de premier plan font appel au gouvernement iranien pour qu'il reconnaisse aux bahá'ís leurs droits de l'homme fondamentaux.

Soixante-huit personnalités célèbres du monde universitaire, des arts, de la banque, des affaires, des médias et de la médecine ont signé une pétition appelant les autorités iraniennes à cesser leur campagne systématique de persécution des bahá'ís. Ces derniers « ne demandent que le respect de leurs droits en vertu de la Déclaration universelle des droits de l'homme, comprenant le droit à la vie, le droit à la liberté et la sécurité des personnes, le droit à l'éducation et au travail et le droit de pratiquer leur religion... »

Radu Gabrea, un réalisateur de renom, et Istvan Haller, du Conseil national roumain de lutte contre la discrimination, sont les instigateurs de cette lettre.

Trois personnalités roumaines célèbres ajoutant leurs signatures à une pétition demandant au gouvernement iranien d'accorder aux bahá'ís leurs droits de l'homme fondamentaux. Ce sont, de gauche à droite, la présentatrice du journal télévisé Andreea Berecleanu, le musicien Ovidiu Lipan Tandarica et l'actrice Maia Morgenstern.

L'actrice de renommée internationale Maia Morgenstern, mieux connue pour son rôle de Marie dans La Passion du Christ ; la présentatrice du journal télévisé Andreea Berecleanu ; le célèbre batteur Ovidiu Lipan Tandarica, ainsi qu'un ancien ministre du gouvernement, Ilie Serbănescu, figurent parmi les signataires.

La pétition souligne le cas des les sept responsables bahá'ís emprisonnés, ainsi que « les tentatives répétées » de l'Iran « pour entraver le progrès de la communauté bahá'íe dans ses efforts pour éduquer ses jeunes » et une « litanie d'autres mauvais traitements et de violations de leurs droits fondamentaux ».

La pétition déclare : « Nous ne comprenons pas [...] pourquoi l'État iranien avalise l'incitation à la haine contre les bahá'ís en Iran, pourquoi il autorise la destruction de leurs commerces à l'aide de bombes incendiaires, et d'autres formes de terreur qui visent à les chasser de leurs villes et villages... »

« Nous ne comprenons pas pourquoi ils sont harcelés lorsqu'ils enterrent leurs morts, pourquoi les cimetières bahá'ís sont profanés, pourquoi on leur refuse les licences commerciales, pourquoi leurs entreprises et leurs propriétés sont confisquées, et pourquoi les bahá'ís sont privés de travail et de retraite. »

Della Marcus, de la communauté bahá'íe roumaine, a affirmé qu'il est sans précédent qu'un nombre aussi important de personnalités parlent en faveur de la cause des bahá'ís en Iran.

Mme Marcus a déclaré : « Nous prions pour que cette pétition contribue à signifier clairement au gouvernement iranien qu'il y a beaucoup de personnes à travers le monde qui n'acceptent pas la persécution des bahá'ís, cautionnée par l'Etat. »

Pour des informations plus détaillées sur les réactions de gouvernements, d'organisations non gouvernementales et de personnalités aux actions menées contre les bahá'ís d'Iran. vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá'ís de France le dossier Iran.

Des politiciens slovaques qualifient la persécution des bahá'ís par l'Iran de « terrifiante » et d'« écœurante »

23 January 2012 - 3:19pm

BRATISLAVA, Slovaquie, publié le 23 janvier 2012 – Selon une déclaration du comité des Affaires étrangères du parlement slovaque, le traitement des bahá'ís en Iran « s'est aggravé au point de devenir une politique de persécution institutionnalisée et délibérée ».

Les membres du comité des Affaires étrangères du Conseil national de la République slovaque se sont réunis le 19 janvier afin de discuter d'une résolution condamnant la persécution des bahá'ís par le régime iranien. Le président du Comité, M. Frantisek Sebej (au centre avec une cravate rouge), a déclaré : « Bien que je ne m'attende pas à ce que le gouvernement iranien mette fin à la persécution des bahá'ís, au moins, il n'osera pas perpétrer davantage d'actes horribles en s'imaginant que personne ne l'observe ni ne s'en soucie. »

La déclaration décrit l'incitation à la haine du gouvernement iranien basée sur la religion et la croyance, comme « odieuse ». Elle déclare aussi que les « tentatives du régime pour persécuter les bahá'ís sont vraiment terrifiantes » et demande que soit mis fin à « l'escalade des tentatives de l'Iran pour détruire la communauté bahá'íe iranienne ».

Les bahá'ís « doivent être assurés de leurs droits de l'homme pleins et égaux » et « être autorisés à contribuer à la vie publique et au développement de l'Iran au même titre que leurs concitoyens », a écrit le comité des Affaires étrangères.

« Le fait que ce Comité se soit ému de la situation des bahá'ís en Iran est important pour deux raisons », a déclaré Frantisek Sebej, son président.

« La première, c'est que les parlements démocratiques du monde doivent se préoccuper et prendre des mesures à l'égard du refus des droits de l'homme aux minorités réprimées dans d'autres parties du monde, ne serait-ce que parce que nous sommes les plus favorisés, nous qui vivons dans un monde libre et que nous avons l'obligation de nous soucier des autres. »

« La seconde raison est qu'avec une telle résolution nous pouvons aider la communauté bahá'íe. »

Notant « une aggravation soudaine du programme systématique soutenu par le gouvernement pour détruire la communauté bahá'íe en Iran », la déclaration décrit aussi la destruction de lieux saints et de cimetières bahá'ís comme un « coup ignoble porté à un héritage culturel religieux de grande valeur pour l'humanité ». Elle appelle aussi à la libération immédiate des sept responsables bahá'ís emprisonnés et des enseignants bahá'ís incarcérés pour leur association avec l'Institut bahá'í d'enseignement supérieur.

Les membres du comité des Affaires étrangères de la République slovaque étudiant la situation des bahá'ís d'Iran au cours d'une séance, le 7 décembre 2011. Au centre, Andrea Polokova, un représentant de la communauté bahá'íe de Slovaquie, s'adressant au comité.

« Sont en cause le refus du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne ; les attaques violentes ; les arrestations et les emprisonnements arbitraires ; le refus de l'accès à l'éducation ; la confiscation et la destruction de propriétés personnelles de la communauté ; et le refus à l'emploi, à la retraite et à d'autres avantages », poursuit la déclaration.

Le Comité – qui a approuvé la déclaration au cours d'une réunion qui s'est tenue le 19 janvier dans le bâtiment du Conseil national de la République slovaque – a aussi décidé d'envoyer la déclaration aux principales personnalités en Iran, y compris le président Ahmadinejad.

« Bien que je ne m'attende pas à ce que le gouvernement iranien mette fin à la persécution des bahá'ís, a précisé M. Sebej, au moins, il n'osera pas perpétrer davantage d'actes horribles en s'imaginant que personne ne l'observe ni ne s'en soucie. »

Informations supplémentaires :
  • La page International Reaction du site Bahá'í World News Service est régulièrement mise à jour. Elle présente les réactions de gouvernements, d'organisations non gouvernementales et de personnalités aux actions menées contre les bahá'ís d'Iran.
  • Pour des informations en français, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá'ís de France le dossier Iran.

Même dans la mort, les bahá'ís d'Iran sont victimes de persécution

21 January 2012 - 11:02am

GENÈVE, publié le 21 janvier 2012- Il y a dix-huit ans, la ville iranienne de Sanandaj avait attribué aux bahá'ís une parcelle d'un hectare de terre aride au bord d'une route pour l'utiliser comme cimetière.

Ce versant de montagne rocheux, dépourvu de végétation, était sans aucune valeur immobilière, mais, après la première inhumation à l'automne 1993, les bahá'ís locaux se sont rassemblés pour aménager le site, retirer les rochers et remplacer la terre. À la main, ils ont planté et arrosé 250 jeunes cyprès et sapins, donnés par le bureau de l'Agriculture. Ils ont installé l'électricité et construit une petite pièce pour pouvoir préparer les corps avant l'inhumation.

Les permis appropriés ont été obtenus pour chaque étape du processus. Lorsque les bahá'ís ont voulu creuser un puits, la permission a été demandée et accordée par l'Office des eaux de la région. À chaque date d'expiration, le permis était correctement renouvelé.

Ces dernières années, il y a eu des dizaines d'actes de vandalisme, d'incendies criminels ou d'autres problèmes liés à des cimetières appartenant aux bahá'ís ou lorsque des bahá'ís tentent d'enterrer leurs morts. Les autorités sont actuellement en train d'essayer de confisquer et de détruire le cimetière bahá'í de Sanandaj, à quelque 400 kilomètres à l'ouest de Téhéran.

Le bureau des Ressources naturelles, impressionné par la transformation du site, a proposé aux bahá'ís d'envisager la plantation d'arbres sur les terrains publics avoisinant le cimetière, élargissant ainsi la zone verte. En conséquence, les habitants de Sanandaj, principalement des musulmans sunnites, en sont venus à respecter cet endroit, le considérant comme un symbole de la présence pacifique de la communauté bahá'íe dans leur ville.

Mais à présent, la beauté de cet endroit verdoyant semble avoir provoqué un changement dans les attitudes officielles. Les autorités veulent reprendre possession du cimetière, revendiquant à nouveau le droit de l'État sur ce terrain, bien que des actes notariés aient été accordés autrefois aux bahá'ís. Une ordonnance pour sa confiscation, ainsi que pour la destruction des bâtiments et des tombes, sera plaidée au tribunal à la fin de ce mois.

Le harcèlement récent des bahá'ís à Sanandaj n'est pas de bon augure pour le verdict. Le 19 décembre, des agents du ministère du Renseignement ont effectué, tôt le matin, des descentes dans 12 maisons bahá'íes de la ville. Ils ont confisqué des livres bahá'ís, des brochures et des photos, ainsi que des disques compacts, des cassettes audio, des ordinateurs, des téléphones mobiles, des lecteurs de disques, et divers documents personnels.

« À la lumière de cette recrudescence de la persécution de la communauté bahá'íe de Sanandaj, il semble que, par ordre du ministère du Renseignement, le sort du cimetière ait déjà été décidé », a déclaré Diane Ala'i, la représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations unies à Genève.

Dans un communiqué du 17 janvier, l'Organisation des droits de l'homme du Kurdistan a lancé un appel aux autorités pour qu'elles observent « la tolérance et l'acceptation des autres croyances ». Cet appel décrit la « nouvelle vague de pressions et de contraintes contre la communauté bahá'íe » comme « des actions inhumaines et illégales [...] en violation des traités et des conventions relatifs aux droits civils et politiques ».

Déranger les défunts

Le cas de Sanandaj n'est pas unique sous le régime actuel de l'Iran. Depuis 2007, il y a eu plus de 30 actes de vandalisme, d'incendies criminels ou d'autres problèmes en rapport avec des cimetières appartenant aux bahá'ís ou lorsque des bahá'ís s'efforcent d'enterrer convenablement leurs morts.

« Non contentes de persécuter les vivants, les autorités iraniennes cherchent même à troubler la paix de ceux qui sont partis, a précisé Mme Ala'i. Ceci est la dernière d'une longue liste d'attaques contre les cimetières et les rites funéraires bahá'ís. Toutes sont en totale violation des normes internationales des droits de l'homme et de la conception du respect pour les morts de toute personne décente. »

Parmi les exemples récents :

Dans un autre exemple de vandalisme des cimetières appartenant aux bahá'ís en Iran, des pierres tombales près de Najafabad ont été entassées par un bulldozer qui a détruit le cimetière bahá'í en septembre 2007.
  • Un cimetière nouvellement créé à Sangsar, dans la province de Semnan, donné par la municipalité aux bahá'ís locaux, a été vandalisé par des intrus non identifiés en mars 2011. Les tombes ont été recouvertes d'immondices, les arbres ont été déracinés, et les deux petites salles ont été détruites.
  • En juillet 2010, des tombes du cimetière bahá'í de Jiroft, dans la province de Kerman, ont été détruites avec des bulldozers par des intrus non identifiés.
  • Fin mai 2010, le cimetière bahá'í à Mashhad a été vandalisé dans la nuit en utilisant un chargeur et d'autres engins lourds. Les murs du cimetière, la morgue et l'endroit où les prières étaient récitées ont été fortement endommagés.

D'autres incidents ont témoigné des efforts des autorités pour interférer avec les rites bahá'ís d'inhumation.

À Tabriz, par exemple, pendant des années, les bahá'ís ont été autorisés à accéder au cimetière public de la ville. En août dernier, la famille d'une femme bahá'íe récemment décédée a été informée qu'elle devrait l'inhumer selon le rite musulman. La dépouille de la femme a dû être enterrée dans un cimetière bahá'í d'une autre ville. Un incident similaire s'est produit en octobre dernier, lorsque le corps d'un homme bahá'í a été transporté de Tabriz à un autre cimetière bahá'í éloigné d'une centaine de kilomètres et enterré sans que sa famille en soit informée.

« Les responsables iraniens prétendent constamment dans les forums internationaux que les bahá'ís ne sont pas traités différemment des autres et ne sont « punis » que lorsqu'ils font quelque chose d'illégal, a déclaré Diane Ala'i. Qu'est-ce que ces personnes décédées ont bien pu faire pour mériter un tel traitement ? »

« L'embellissement du cimetière de Sanandaj et de ses environs est la preuve de la contribution sincère et positive que les bahá'ís iraniens souhaitent apporter à leur pays. Ce qui est tout aussi évident, c'est que les autorités considèrent une telle chose impossible à accepter. »

Couverture du Baha'i World News Service de la persécution des bahá'ís en Iran
  • Le Baha'i World News Service a publié un dossier spécial qui comprend des articles supplémentaires et des informations sur la campagne de l'Iran visant à refuser l'éducation supérieure aux bahá'ís. Il comporte des nouvelles des derniers développements, un résumé de la situation, le profil des enseignants bahá'ís emprisonnés, des articles spécifiques, des études de cas, des témoignages d'étudiants, des références et des liens. Ce dossier spécial peut être consulté surhttp://news.bahai.org/human-rights/iran/yaran-special-report/
  • Pour des informations en français, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá'ís de France le dossier Iran.
  • Une autre page Special Report comprend des articles et des informations générales concernant les sept responsables bahá'ís iraniens – leur vie, leur emprisonnement, leur procès et leur condamnation, ainsi que les allégations portées à leur encontre. Il présente également d'autres sources d'informations au sujet de la persécution de la communauté bahá'íe d'Iran.
  • La page International Reaction de Bahá'í World News Service est régulièrement mise à jour avec les réactions de gouvernements, d'organisations non-gouvernementales et de personnalités éminentes aux mesures prises contre les bahá'ís d'Iran.
  • La page Media Reports présente un résumé de la couverture médiatique mondiale.

Un débat attire l'attention sur la dangereuse escalade de la persécution religieuse en Iran

19 January 2012 - 9:16am

Londres, publié le 19 janvier 2012 – Des membres du Parlement ont vivement critiqué l'Iran pour ses violations des droits de l'homme en se concentrant en particulier sur la « forte augmentation » de la persécution des minorités religieuses.

Au cours d'un débat qui s'est tenu à Westminster Hall le mercredi 11 janvier, des députés ont souligné le fait que, pratiquement, toutes les minorités religieuses en Iran font actuellement face à l'oppression.

Quelque 19 députés, représentant les trois principaux partis du Royaume-Uni, ont participé à ce débat.

Dans le discours d'ouverture, Louise Ellman, députée de Liverpool Riverside, a décrit la persécution des bahá'ís comme « omniprésente et s'aggravant dangereusement ».

Les membres du Parlement britannique prenant part, le 11 janvier, à un débat sur les violations des droits de l'homme en Iran. Sur la photo, de gauche à droite : Alistair Burt, député du North East Bedfordshire et sous-secrétaire parlementaire d'État au ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth ; Louise Ellman, députée de Liverpool Riverside ; Andrew Selous, député de South West Bedfordshire et Kerry McCarthy, députée de Bristol East.

Dans une persécution constante et systématique, la répression se présente sous de nombreuses formes, a déclaré Mme Ellman. Cela signifie l'arrestation et l'emprisonnement arbitraires et le refus de l'accès à l'enseignement supérieur et à certains secteurs de l'emploi. Les maisons et les entreprises de bahá'ís ont été l'objet d'attaques incendiaires, les cimetières ont été détruits et les enfants ont été harcelés. »

Elle a également exprimé sa préoccupation concernant les peines de 20 ans de prison qu'effectuent sept responsables bahá'ís et les efforts continus de l'Iran pour exclure les jeunes bahá'ís de l'enseignement supérieur.

Mentionnant les remarques faites récemment par le sénateur canadien Roméo Dallaire , Mme Ellman a déclaré qu'il « est extrêmement important que le monde n'attende pas jusqu'à ce qu'un génocide se produise. Il faudrait tenir compte de l'avertissement et prendre des mesures supplémentaires pour faire pression sur le gouvernement de l'Iran afin qu'il cesse ses agissements ».

Les participants ont également soulevé la question de la persécution croissante des chrétiens en Iran. Andrew Selous, député du South West Bedfordshire, a rapporté qu'au moins huit dirigeants chrétiens ont été assassinés depuis 1979. Il a exprimé une inquiétude particulière concernant le cas du pasteur Youcef Nadarkhani, qui a été condamné à mort pour apostasie en 2010, condamnation qui fait depuis l'objet d'un tollé international.

Stewart Jackson, député de Peterborough, a parlé « de descentes régulières dans des réunions » de chrétiens, « d'interrogatoires sévères et de torture ... y compris de demandes d'abjuration de foi et d'informations sur l'identité d'autres chrétiens ; de détentions pendant de longues périodes sans chef d'accusation et d'autres violations des procédures régulières ; de condamnations pour des crimes non définis ou d'accusations politiques falsifiées ; du ciblage économique de la communauté chrétienne à travers la demande de paiement de cautions exorbitantes ; et de la menace de l'exécution imminente d'un pasteur officiant à domicile ».

En ce qui concerne la communauté juive d'Iran, Martin Horwood, député de Cheltenham, a rapporté « des preuves de plus en plus nombreuses que l'antisémitisme s'intensifie là-bas, et que la petite communauté juive est accusée d'être responsable des actions du gouvernement israélien ».

À la fin du débat, Alistair Burt, le sous-secrétaire d'État parlementaire au ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth, a déclaré que bien que l'année 2011 ait démontré que les exigences pour la dignité humaine sont irrépressibles, l'Iran évolue dans la direction opposée.

« Les droits de l'homme sont universels, a déclaré M. Burt, et l'incapacité de l'Iran à satisfaire à ses obligations, pénalise et étouffe l'accomplissement des souhaits et des aspirations de millions de personnes. »

M. Burt a assuré les personnes présentes que le Royaume-Uni continuera d'inciter les autres pays à soutenir, au sein des Nations unies et du Conseil des droits de l'homme, les résolutions exprimant des inquiétudes au sujet de la situation des droits de l'homme en Iran.

M. Kishan Manocha, directeur du bureau des Affaires publiques de la Communauté bahá'íe du Royaume-Uni, s'est réjoui de ce débat de grande portée.

« Le fait qu'un aussi grand nombre de députés, représentant tous les partis, ont participé reflète vraiment un haut niveau d'inquiétude au sujet de la situation des droits de l'homme en Iran, et particulièrement de l'intensification de l'intolérance religieuse », a déclaré M. Manocha.

« Nous nous félicitons, bien sûr, que les bahá'ís aient été tout particulièrement mentionnés, a ajouté M. Manocha. Mais nous sommes également heureux que les parlementaires britanniques se soient focalisés sur les problèmes rencontrés par les autres minorités religieuses. Nous devons parler d'une seule voix sur la situation de l'intolérance religieuse en Iran. »

Couverture du Baha'i World News Service de la persécution des bahá'ís en Iran
  • Le Baha'i World News Service a publié un dossier spécial qui comprend des articles supplémentaires et des informations sur la campagne de l'Iran visant à refuser l'éducation supérieure aux bahá'ís. Il comporte des nouvelles des derniers développements, un résumé de la situation, le profil des enseignants bahá'ís emprisonnés, des articles spécifiques, des études de cas, des témoignages d'étudiants, des références et des liens. Ce dossier spécial peut être consulté surhttp://news.bahai.org/human-rights/iran/yaran-special-report/
  • Pour des informations en français, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá'ís de France le dossier Iran.
  • Une autre page Special Report comprend des articles et des informations générales concernant les sept responsables bahá'ís iraniens – leur vie, leur emprisonnement, leur procès et leur condamnation, ainsi que les allégations portées à leur encontre. Il présente également d'autres sources d'informations au sujet de la persécution de la communauté bahá'íe d'Iran.
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L'enquêteur de l'ONU qui a révélé le mémorandum de l'Iran sur la « Question bahá'íe » meurt à l'âge de 93 ans.

18 January 2012 - 11:02am

SAN SALVADOR, El Salvador, publié le 18 janvier 2012 – Reynaldo Galindo Pohl, un célèbre juriste érudit qui a dévoilé la preuve majeure des violations des droits de l'homme en Iran, à la fin des années 80 et au début des années 90, est décédé à San Salvador, jeudi dernier.

M. Reynaldo Galindo Pohl, 1918-2012. Photo ONU par Yutaka Nagata.

Diplomate renommé et professeur de droit, M. Galindo Pohl était bien connu sur le plan international, même avant sa nomination en 1987 comme représentant spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies concernant l'Iran. Il a exercé la fonction d'ambassadeur des Nations unies au Salvador et a aussi été – entre autres postes – le directeur des affaires juridiques pour l'Organisation des États d'Amérique.

Mais dans le domaine des droits de l'homme, ses huit années comme représentant spécial ont été particulièrement importantes, principalement pour une série de rapports qui décrivent, de façon détaillée et avec autorité, les intenses et souvent brutales violations commises par l'Iran sur ses citoyens.

En 1990, par exemple, M. Galindo Pohl a cité de nombreux entretiens et documents qui montrent l'usage intensif par l'Iran des exécutions et de la torture, ainsi que le manque de protection judiciaire.

« La Communauté internationale bahá'íe souhaite exprimer ses profondes condoléances pour le décès de M. Galindo Pohl, dont on se souviendra longtemps de l'impact et de l'influence dans le domaine des droits de l'homme », a déclaré Diane Ala'i, la représentante de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations unies, à Genève.

« Ses efforts soutenus pour interviewer les victimes, leurs familles, et d'autres personnes ayant une connaissance directe ou confidentielle des types de violations que le gouvernement espérait garder secrètes sont devenus un élément essentiel de ses rapports à la Commission des droits de l'homme des Nations unies. Ceux-ci ont été décisifs pour attirer l'attention du monde sur la brutalité du régime à cette époque », a poursuivi Mme Ala'i.

De manière marquante, le rapport de 1993 de M. Galindo Pohl à la Commission a divulgué le mémorandum sur la soi-disant « Question bahá'íe », une lettre de 1991 auparavant secrète – écrite par le Conseil culturel révolutionnaire suprême – qui établissait une politique nationale pour le traitement des bahá'ís d'Iran, limitant leurs activités en matière d'éducation, d'économie et de culture.

« La parution publique de ce mémorandum a été extrêmement importante, a précisé Mme Ala'i. Il révélait comment les plus hautes instances du gouvernement iranien avaient établi un plan destiné à bloquer totalement le développement de la communauté bahá'íe d'une manière moins voyante que les exécutions et les emprisonnements perpétrés dans les années 80 – mais qui, au bout du compte, aboutirait quand même à la fin de la communauté bahá'íe en tant qu'entité viable ».

M. Galindo Pohl s'est rendu trois fois en Iran au cours de son mandat et, durant ces visites, a souvent courageusement défié les autorités iraniennes en menant des entretiens dans les prisons ou avec des personnes que le gouvernement cherchait pourtant à empêcher de le rencontrer. Il était aussi connu pour être scrupuleusement juste, rapportant ses nombreuses demandes de renseignements aux fonctionnaires iraniens, ainsi que leurs réponses.

Né le 18 octobre 1918 à Sonsonate, au Salvador, M. Galindo Pohl était diplômé de l'université d'El Salvador, où il avait obtenu un doctorat en droit et en sciences sociales. En 1950, il a été élu président de l'Assemblée nationale constitutionnelle. Il a aussi exercé la fonction de ministre de l'Éducation de 1950 à 1956. Il était membre de la Commission interaméricaine des droits de l'homme de 1960 à 1964.

La Communauté internationale bahá'íe déplore le décès d'un expert des droits de l'homme

15 January 2012 - 1:01pm

GENÈVE, publié le 15 janvier 2012 – La Communauté internationale bahá'íe a exprimé ses condoléances après le décès de Abdelfattah Amor, le célèbre avocat et juriste tunisien, défenseur des droits de l'homme.

Photo : M. Abdelfattah Amor, 1943-2012. Photo FIDH

M. Amor est décédé à l'âge de 68 ans à la suite d'une crise cardiaque. Il était bien connu à l'échelle internationale en raison de ses 11 années de service (de 1993 à 2004) en tant que rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté de religion ou de conviction.

« En tant que rapporteur spécial, M. Amor a été l'un des principaux défenseurs à l'échelle mondiale du droit à la liberté de religion ou de conviction », a déclaré Diane Ala'i, la représentante de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations unies à Genève.

« Il s'est courageusement fait le porte-parole d'individus et de groupes du monde entier, victimes de discrimination religieuse, sans se préoccuper des conséquences politiques », a-t-elle précisé.

En 1995, M. Amor s'est rendu en Iran – un des rares enquêteurs des droits de l'homme de l'ONU à le faire – et, ultérieurement, il a proposé un rapport novateur qui cataloguait la discrimination généralisée dans ce pays à l'égard des minorités religieuses, y compris des membres de la foi bahá'íe.

De confession musulmane, M.Amor a audacieusement souligné le degré d'incapacité de l'Iran à respecter les normes internationales concernant les droits de l'homme sur la liberté de religion ou de conviction.

« Son rapport s'est appuyé sur des entretiens détaillés et des analyses juridiques minutieuses. Aujourd'hui, il est toujours considéré comme un jalon important en matière de rapports des droits de l'homme », a ajouté Mme Ala'i.

Pour prendre un exemple parmi d'autres, M. Amor a souligné, en 1996, que tout individu avait la liberté « d'avoir ou d'adopter » une nouvelle religion, tout comme celle de garder sa propre croyance religieuse, quelle que soit la législation nationale qui prétendrait le contraire, comme c'est le cas en Iran.

Dans un autre rapport publié en 1997, M. Amor a précisé que les gouvernements ne doivent pas être les arbitres de ce qui est la religion légitime, méritant la protection en vertu de la loi sur les droits de l'homme. « Il n'appartient ni à l'État ni à un quelconque autre groupe ou communauté d'agir comme le gardien de la conscience des gens et de favoriser, d'imposer ou de censurer une croyance religieuse ou une conviction », a-t-il écrit. Cette déclaration a été considérée comme significative face aux affirmations faites par l'Iran au sujet des bahá'ís.

« Nos pensées ont vers sa famille, vers le peuple tunisien et vers la communauté des droits de l'homme dans le monde entier, qui portent certainement le deuil de son décès soudain », a déclaré Mme Ala'i.

M. Amor est né le 4 mars 1943 en Tunisie. Après avoir obtenu une licence en droit en 1967, il a entrepris des études juridiques avancées à Paris. Au début de sa carrière, il a exercé les fonctions de professeur d'université en Tunisie, occupant, par exemple, de 1987 à 1993, le poste de doyen de la faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales à l'université de Tunis.

En 1998, durant son mandat de rapporteur spécial des Nations unies, il a été élu au poste de membre du Comité des droits de l'homme des Nations unies, où il a continué à être un fervent défenseur du droit à la liberté de religion ou de conviction. Il était toujours membre de ce comité au moment de son décès.

En 2011, suite à la révolution tunisienne, il a été nommé président de la Commission nationale d'investigation sur la corruption et la malversation (CNICM) sous le régime de l'ancien président tunisien Ben Ali.

Lire le rapport de 1995 de M. Amor (en anglais). http://www.onecountry.org/oc74/oc7409as.html

Deux présidents d'université canadiens se prononcent en faveur des enseignants bahá'ís

12 January 2012 - 9:01am

TORONTO, publié le 12 janvier 2012 – Deux prééminents présidents d'université exhortent tous leurs collègues canadiens à se joindre à eux dans leur appel pour mettre fin à la persécution des enseignants et des étudiants bahá'ís par l'Iran.

Les deux présidents canadiens d'université qui lancent un appel pour l'arrêt de la persécution des enseignants et des étudiants bahá'ís par l'Iran. Allan Rock, à gauche, est président de l'université d'Ottawa ; Lloyd Axworthy, à droite, est président de l'université de Winnipeg. Photo ONU par Mark Garten et Evan Schneider.

L'appel émane de Lloyd Axworthy, ancien ministre des Affaires étrangères du Canada et président de l'université de Winnipeg, et d'Allan Rock, président de l'université d'Ottawa et ancien ambassadeur canadien aux Nations unies.

Dans un article de l'édition canadienne de The Huffington Post, ils expliquent combien ils sont « profondément troublés » par le fait que l'accès à l'éducation supérieure soit refusé aux bahá'ís en Iran, et ils expriment leur inquiétude concernant le fait que « le régime brutal de Téhéran fasse la sourde oreille » aux appels demandant la fin de la persécution systématique.

« En tant que présidents d'universités canadiennes, écrivent-ils, nous attachons une immense valeur à l'accès des jeunes à la connaissance et aux compétences dont ils ont besoin pour réussir dans le monde de demain. Nous voyons l'éducation comme la clé pour un meilleur avenir pour tous les peuples, et nous croyons ardemment que chaque individu a droit à l'éducation. »

Leur article attire tout particulièrement l'attention sur l'attaque lancée par les autorités iraniennes contre une initiative communautaire non officielle – connue sous le nom d'Institut bahá'í d'enseignement supérieur (IBES) – qui a été créée pour fournir une éducation aux jeunes bahá'ís exclus de l'université.

Les sept enseignants bahá'ís condamnés à des peines de quatre et cinq ans de prison sont : (rang du haut, de gauche à droite) Mahmoud Badavam, Ramin Zibaie, Riaz Sobhani, Farhad Sedghi ; (rang du bas, de gauche à droite) Noushin Khadem, Kamran Mortezaie, et Vahid Mahmoudi. Mme Khadem est diplômée MBA de l'université Carleton, à Ottawa

Parmi ceux qui ont été arrêtés au mois de mai de l'année dernière pour leur association avec l'IBES, il y avait Nooshin Khadem, une diplômée MBA (maîtrise en administration des affaires) de l'université de Carleton à Ottawa. Elle purge maintenant une peine de quatre ans de prison. Kamran Rahimian et Faran Hessami, un couple marié actuellement en attente de son procès, avaient pour leur part terminé leurs études universitaires en accompagnement psychosocial à la faculté d'Éducation de l'université d'Ottawa.

« Ils sont accusés d'enseigner sans accréditation valable, déclare l'article. Les autorités iraniennes ont confisqué leurs diplômes de l'université d'Ottawa et ont ensuite allégué qu'ils ne les avaient jamais obtenus. »

Messieurs Axworthy et Rock encouragent « tous les Canadiens à joindre leurs voix à l'appel au gouvernement iranien pour qu'il abandonne inconditionnellement toutes les accusations contre les enseignants, qu'il arrête toute nouvelle agression envers l'Institut bahá'í d'enseignement supérieur et permette aux bahá'ís d'accéder à l'éducation. Les bahá'ís d'Iran doivent savoir que dans leur résistance à l'oppression cruelle de ceux qui les persécutent, ils ne sont pas seuls ».

L'article conclut avec une déclaration des deux présidents disant qu'ils sont « fiers de se joindre » à un « groupe croissant d'universitaires, de directeurs d'universités et de partisans éminents pour la paix y compris Desmond Tutu, Romeo Dallaire et Jose Ramos-Horta » qui « condamnent le refus du régime iranien au droit à l'éducation ».

Couverture du Baha'i World News Service de la persécution des bahá'ís en Iran

Le Baha'i World News Service a publié un dossier spécial qui comprend des articles supplémentaires et des informations sur la campagne de l'Iran visant à refuser l'éducation supérieure aux bahá'ís. Il comporte des nouvelles des derniers développements, un résumé de la situation, le profil des enseignants bahá'ís emprisonnés, des articles spécifiques, des études de cas, des témoignages d'étudiants, des références et des liens.

  • Pour des informations en français, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá'ís de France le dossier Iran.
  • Une autre rubrique Special Reportcomprend des articles et des informations générales concernant les sept responsables bahá'ís iraniens – leur vie, leur emprisonnement, leur procès et leur condamnation, ainsi que les allégations portées à leur encontre. Il présente également d'autres sources d'informations au sujet de la persécution de la communauté bahá'íe d'Iran.
  • La section International Reaction de Bahá'í World News Service est régulièrement mise à jour avec les réactions de gouvernements, d'organisations non-gouvernementales et de personnalités éminentes aux mesures prises contre les bahá'ís d'Iran.
  • La section Media Reports présente un résumé de la couverture médiatique mondiale.

La condamnation de l'Iran par les Nations unies reflète le refus grandissant vis-à-vis des violations des droits de l'homme

27 December 2011 - 5:43am

NEW YORK - Nations Unies, le 28 décembre 2011 – Reflétant le refus grandissant de la communauté internationale vis-à-vis des violations des droits de l'homme, l'Assemblée générale des Nations unies a condamné, le 19 décembre, l'Iran pour l'oppression de ses citoyens.

Le bâtiment du siège des Nations unies à New York. Le 19 décembre, l'Assemblée générale de l'ONU a condamné l'Iran pour l'oppression de ses citoyens. « Cette année, le vote de l'Assemblée a clairement mis en évidence le mécontentement grandissant de la communauté internationale face à l'oppression continue que l'Iran fait subir à ses citoyens », a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations unies. Photo ONU/Mark Garten.

Par un vote de 89 voix pour, 30 voix contre et 64 abstentions, l'Assemblée a approuvé une résolution qui exprimait une « profonde inquiétude concernant les violations graves, continuelles et répétées des droits de l'homme » dans le pays.

Le vote a eu lieu après que l'Iran a tenté une « motion de non-action », destinée à bloquer la résolution en demandant l'ajournement du débat. La motion a échoué par un vote de 100 voix contre, 35 voix pour et 42 abstentions.

De telles résolutions concernant les droits de l'homme en Iran ont été présentées devant l'Assemblée presque chaque année depuis 1992, et la mesure de cette année – déjà approuvée par le troisième Comité de l'Assemblée générale le mois dernier – est passée avec la plus grande marge jamais vue.

« Cette année, le vote de l'Assemblée a clairement mis en évidence le mécontentement grandissant de la communauté internationale face à l'oppression continue que l'Iran fait subir à ses citoyens », a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations unies.

« La grande marge du vote de cette année reflète aussi l'impatience de la communauté internationale au sujet des violations des droits de l'homme partout dans le monde, et une volonté grandissante d'un nombre croissant de nations de s'exprimer en faveur des droits de l'homme », a-t-elle précisé.

« Un autre facteur expliquant cette grande marge était le sentiment d'échec que ressentaient beaucoup de nations face aux refus répétés de l'Iran de coopérer avec l'ONU en recevant des enquêteurs spéciaux sur les droits de l'homme », a ajouté Mme Dugal.

Elle a fait remarquer que l'Iran n'a toujours pas autorisé la visite dans le pays d'Ahmed Shaheed, le nouveau rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Iran.

« Depuis sa nomination, l'Iran n'a pas accueilli Ahmed Shaheed dans le pays et a, en fait, même remis en cause la légitimité de sa nomination », a précisé Mme Dugal.

La résolution de cette année a exprimé une inquiétude concernant toute une série de violations en Iran, comprenant « une augmentation spectaculaire » des exécutions, l'utilisation de la torture, le ciblage systématique de défenseurs des droits de l'homme, la violence généralisée contre les femmes, et la discrimination continue envers les minorités, y compris les membres de la foi bahá'íe.

Soutenue par 42 pays, la résolution répertorie quelque 16 domaines de préoccupations, comprenant « des restrictions graves et systématiques de la liberté de se réunir pacifiquement » et « des limitations et restrictions sévères du droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de croyance ».

En ce qui concerne les bahá'ís, la résolution a constaté « l'intensification des attaques à l'égard des bahá'ís et de leurs défenseurs ». Elle rapporte « un accroissement significatif du nombre de bahá'ís arrêtés et détenus » et « des mesures accrues pour priver les bahá'ís d'emplois dans les secteurs public et privé ».

Couverture du Bahá'í News Service de la persécution des bahá'ís en Iran

Le Bahá'í World News Service a publié une section spéciale http://news.bahai.org/human-rights/iran/education/ qui comprend des articles et des informations sur la campagne de l'Iran visant à refuser l'éducation supérieure aux bahá'ís. Elle comporte des nouvelles concernant les derniers développements, un résumé de la situation, le profil des enseignants bahá'ís emprisonnés, des articles spécifiques, des études de cas et des témoignages d'étudiants, des références et des liens.

Un autre rapport spécial http://news.bahai.org/human-rights/iran/yaran-special-report/ présente des articles et des informations sur les sept responsables bahá'ís iraniens – leur vie, leur emprisonnement, leur procès et leur condamnation – et les accusations portées contre eux. Il offre aussi des informations supplémentaires sur les persécutions de la communauté bahá'íe d'Iran.

Pour des informations en français, vous pouvez consulter le Dossier Iran http://www.bahai.fr/-Dossier-Iran-.html sur le site officiel des bahá'ís de France.

La page International Reaction http://news.bahai.org/human-rights/iran/iran-update/international-reaction.html du Bahá'í World News Service est régulièrement mise à jour avec des réponses de gouvernements, d'organisations non-gouvernementales et de personnalités importantes aux agressions perpétrées contre les bahá'ís en Iran.

La page Media Reports http://news.bahai.org/human-rights/iran/iran-update/media-reports.html présente un résumé de la couverture médiatique partout dans le monde.

Des juges et des avocats du Bangladesh participent à une conférence unique sur la loi bahá'íe

22 December 2011 - 4:52pm

DHAKA, Bangladesh, le 22 décembre 2011 – Près de 180 professionnels de la loi de tout le pays se sont rassemblés à Dhaka pour une conférence sur la foi bahá'íe et les lois personnelles et familiales qui s'appliquent à ses membres.

Quelques-uns des orateurs ayant parlé à la conférence sur les lois bahá'íes qui a eu lieu à la Cour suprême du Bangladesh, le 3 décembre. Sur la photo, de gauche à droite : M. Mizanur Rahman, président de la Commission des droits de l'homme du Bangladesh ; M. S.N. Goswami, avocat ; M. le juge Delwar Hossain ; et Mme Jena Shahidi, membre de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís du Bangladesh.

Cet évènement sans précédent, qui a eu lieu dans l'auditorium de la Cour suprême du pays, avait pour but de préparer les avocats et les juges qui pourraient être saisis pour assister les bahá'ís sur des questions légales, telles que le mariage et l'héritage.

Au Bangladesh, il y a une séparation entre les lois « publiques » et les lois « privées » – ou « personnelles » – et les affaires familiales sont traitées conformément aux pratiques religieuses. Environ 90 pour cent du pays est musulman, et les lois islamiques pour les personnes et les familles sont bien comprises.

« Cela est important parce que, si un problème survient entre des bahá'ís et qu'ils le portent en justice, les juges doivent statuer d'après la loi bahá'íe des personnes », a déclaré Jabbar Eidelkhani, un membre du Corps continental des conseillers, qui est intervenu à la conférence.

« De cette façon, les avocats et les juges qui étaient présents à cette conférence, ainsi qu'aux sessions de formation antérieures, en sauront maintenant plus sur l'application de telles lois aux bahá'ís », a-t-il précisé.

La conférence d'une journée, qui a eu lieu le 3 décembre, a été ouverte par Mizanur Rahman, président de la Commission des droits de l'homme du Bangladesh.

« Si le but de la religion est d'assurer la dignité de l'homme, alors la loi bahá'íe sur les personnes est quelque chose qui traite de ce sujet. À cet égard, elle n'est différente d'aucune autre religion », a affirmé M. Rahman.

Le juge Delwar Hossain et l'avocat Samarendra Nath Goswami ont aussi pris la parole à cette conférence. M. Delwar Hossain a présenté le document principal sur l'origine et l'histoire des lois bahá'íes sur les personnes et M. Goswami, l'organisateur principal de la conférence, a expliqué aux juristes la portée des lois bahá'íes. M. Goswami a précédemment dirigé des petites sessions de formation sur ce thème.

Il y a des bahá'ís au Bangladesh depuis les années 1920. La première Assemblée spirituelle locale a été formée à Dhaka en 1952. L'Assemblée spirituelle nationale des bahá'ís du Bangladesh a été établie en 1972, peu de temps après que le pays a déclaré son indépendance. Le nombre de bahá'ís vivant actuellement dans le pays est estimé à 13 000.

Des directeurs d'écoles de médecine exhortent l'Iran à libérer les enseignants bahá'ís emprisonnés

14 December 2011 - 2:41pm

WASHINGTON, D.C., Etats-Unis, le 14 décembre 2011 – Près de 50 directeurs d'écoles de médecine, aux États-Unis, ont rejoint la protestation mondiale contre la persécution des étudiants et des enseignants bahá'ís par le gouvernement iranien.

Quarante-huit doyens et directeurs – qui à eux seuls dirigent plus d'un tiers des écoles de médecine américaines – ont signé une lettre ouverte adressée au représentant de l'Iran aux Nations unies. La lettre a été publiée le 7 décembre, sur le site web en langue persane de Association Against Education Discrimination, le jour où les mouvements iraniens d'étudiants commémorent chaque année le Student Day.

« Nous écrivons en tant qu'individus qui sont les doyens d'institutions d'enseignement mondialement reconnues afin de faire entendre notre inquiétude concernant la manière dont les étudiants et les enseignants bahá'ís sont traités en Iran », déclare la lettre.

« En tant que doyens d'écoles de médecine, nous croyons que l'éducation est un droit humain fondamental. Dans nos institutions respectives, nous avons reçu et nous continuons à recevoir des étudiants, des résidents, des collègues et des enseignants du monde entier sans considération de leurs croyances religieuses. Nous avons accueilli cette population diverse au sein de nos communautés scolaires afin de contribuer à la découverte et à la propagation de la connaissance pour le bénéfice de l'humanité. »

Quelques-uns des 48 doyens et directeurs d'écoles de médecine américaines ayant signé une lettre ouverte condamnant la persécution des étudiants et des enseignants bahá'ís par le gouvernement iranien : rangée du haut de gauche à droite : D. Craig Brater, Betty M. Drees, Philip Pizzo, Valerie Montgomery Rice ; rangée du bas de gauche à droite : Pamela B. Davis, James Woolliscroft, Mark S. Johnson et Marsha D. Rappley.

Le principal signataire de la lettre – le docteur Philip Pizzo, doyen de Stanford University's School of Medicine – a contribué, le mois dernier, à recueillir les signatures au cours de la réunion annuelle de l'Association of American Medical Colleges' Council of Medical School Deans.

La déclaration détaille l'attaque systématique lancée par les autorités iraniennes contre une initiative non officielle communautaire – connue sous le nom d'Institut bahá'í d'enseignement supérieur (IBES) – qui fut créée afin de fournir une éducation aux jeunes bahá'ís exclus de l'université. Sept bahá'ís associés à l'IBES purgent actuellement des peines de quatre et cinq ans de prison.

« L'arrestation des enseignants et des administrateurs de l'IBES ainsi que le refus de l'éducation à des générations de bahá'ís en raison de leur appartenance religieuse sont des violations de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par les Nations unies en 1948, ainsi que du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels dont l'Iran est un des pays signataires », poursuit la lettre.

« Nous exhortons par conséquent votre gouvernement à libérer de prison les professeurs et les administrateurs de l'IBES. Nous demandons également que votre gouvernement accorde aux étudiants et aux enseignants bahá'ís les mêmes droits à l'éducation que nous offrons à tous les étudiants et les professeurs dans nos institutions, indépendamment de leur culture, de leur religion ou de leur pays d'origine. »

La lettre ouverte a été publiée le jour même où la situation des enseignants et des étudiants bahá'ís a été soulevée dans une déclaration conjointe d'un groupe international de parlementaires : les sénateurs américains Mark Kirk et Joseph Lieberman, le député canadien Irwin Cotler, le député britannique Denis MacShane, le député australien Michael Danby, la députée italienne Fiamma Nirenstein, et le député lithuanien Emanuelis Zingeris.

Tollé continu

Ces dernières actions surviennent quelques jours seulement après que la sénatrice Mobina Jaffer, première sénatrice musulmane du Canada, a déclaré lors d'une enquête du sénat canadien que le fait que l'Iran ait maintenant criminalisé l'éducation des jeunes était « sans précédent ».

La condamnation de l'emprisonnement de sept enseignants bahá'ís s'est étendue au monde entier. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a été le premier à critiquer leurs condamnations, ainsi que des personnalités mondiales éminentes telles que les lauréats du prix Nobel de la paix, l'archevêque Desmond Tutu et Jose Ramos-Horta, et le lieutenant général Roméo Dallaire, l'ancien commandant des forces de maintien de la paix des Nations unies qui a essayé de mettre fin au génocide de 1990 au Rwanda.

En octobre, quelque 43 philosophes et théologiens éminents, originaires de 16 pays, ont signé une lettre ouverte pour protester contre l'attaque lancée contre l'IBES.

En Allemagne, quelque 45 professeurs renommés ont demandé la libération immédiate des sept bahá'ís, tandis qu'en Australie des lettres de protestation ont été envoyées par 73 universitaires et Universities Australia, représentant les présidents de toutes les universités australiennes.

Le mois dernier, plus de 50 universitaires en Irlande ont lancé un appel aux autorités iraniennes afin qu'elles permettent à tous l'accès aux études supérieures, tandis que 26 professionnels de l'industrie cinématographique ont exhorté le gouvernement du Brésil à défendre les droits des cinéastes, des journalistes et des enseignants bahá'ís et ont demandé à l'Iran de libérer immédiatement les personnes incarcérées.